6.8.08

Las chicas de la academia

La suite donc. Depuis hier le climat m'a rappelé que l'on était en saison des pluies, et j'ai découvert en même temps que les tongues avaient tendance à flotter au-delà e 20 cm d'eau dans les rues. Je me suis retrouvé 2 fois de suite à l'autre boût de la ville quand un orage a éclaté et dans ce cas ici rien ne sert de courir, il faut juste trouver un trottoir suffisamment haut !

Celà ne m'a quand même pas empêché de tester les restaurants de fruits de mer et d'autres endroits où l'on sert une cuisine Yucateca très bonne et finalement pas trop piquante. En photo ci-dessous un poisson de 700g pêché du matin et cuisiné juste pour moi, accompagné d'une bière aux piments et d'un ceviche de poulpe, le tout pour ... 5 euros. Les prix à Campeche sont incroyablement bas, et ce alors que la ville est classée au patrimoine de l'humanité. Le développement de la ville n'en est encore qu'á ses débûts et c'est tant mieux.

La pluie a eu aussi la bonne idée de s'arrêter hier après-midi car le soir concert géant à 2 pas de mon hotel. Il s'agissait en fait d'un programme de télé mexicaine retransmis dans toute l'Amérique centrale et aux Etats-Unis avec comme vedettes ... 3 filles de la version mexicaine de Star Academy !! Et comme je n'ai pas de télé dans mon hotel et bien pourquoi pas et ce n'était pas mal. Mais ce qui me surprend ici c'est que les gens sont extrêmement bien élevés et ont une vie très saine, personne avec une bière à la main ni une cigarette. Et on ne marche pas sur la gazon non plus, même pas pour voir la scène de plus près. Bref.

Ce matin dilemme. Je suis allé me renseigner pour rejoindre l'état du Chiapas en bus et il existe 2 options. La première en bus de 1ère catégorie mais il n'y en a pas avant demain soir, et la 1ère catégorie c'est contraire à mes principes. L'autre option consiste à rejoindre un bled perdu en bus cette fois de 3ème catégorie (j'y reviendrai plus tard), et de là-bas trouver un autre moyen. Problème, l'autre moyen consiste à trouver une voiture de nuit sur la route du Chiapas et le bled en question est réputé peu sûr. Alors tant pis pour les principes et le budget, ce sera bus de 1ère catégorie pour cette fois et j'en profiterai pour aller visiter les ruines de Palenque, un des sites mayas les plus importants du coin.

Le bus part dans 1 heure alors je me sauve, rendez-vous au Chiapas où par ailleurs la moitié de l'armée mexicaine est présente. La raison ? La présence de mouvements terroristes. Entendre par mouvements terroristes des mouvements dissidents contraire au pouvoir central. Concrètement les Zapatistes en lutte pacifiste qui dénoncent l'expoliation des indigènes de leurs terres depuis maintenant 15 ans.

Donc pas de danger, mais entrer au Chiapas c'est un peu comme passer la douane nord-américaine, pour ce que l'on m'en a dit ...

A suivre donc ...

4.8.08

Débût par le Yucatan

Et voilà, cette fois mon voyage à travers la Mésoamérique (Amérique centrale + Mexique) a commencé. J'ai atterri samedi à Cancún, et le temps de passer l'immigration me revoilà reparti en bus cette fois pour l'intérieur de la péninsule, la petite ville de Valladolid pour commencer.

De Cancún je ne peux donc que parler de l'arrivée pour le moins impressionante en avion, des couleurs incroyables. Mais trop touristique à mon goût, d'où l'intérieur de la péninsule, plus tranquille. En fait il n'y a pas grand chose à voir à Valladolid si ne n'est les cenotes autour de la ville. Les cenotes sont des piscines naturelles de calcaire, dans des grottes que les mayas utilisaient déjà. Ambiance surnaturelle avec des chauve-souris qui nous tournent au-dessus de la tête pendant que l'on nage au milieu de poissons noirs venus d'on ne sait où. J'ai mis quelques photos dans le diaporama ...

Ce sont 3 heures de bus de Cancún à Valladolid, plus encore 3 heures ensuite pour continuer vers Mérida. Je ne serai resté qu'un jour dans chacune de ces villes, le temps de me ballader puis de reprendre un bus pour la suite. Cette fois je viens de m'arrêter à Campeche, ville coloniale et fortifiée sur la côte Caribéene. Un air désuet bien agréable, et surtout malgré son charme elle se trouve en-dehors de la route touristique. du coup je resterai sans doutes 2 jours, et profite d'un orage pour donner rapidement des nouvelles.

Mérida était aussi bien agréable, des femmes en tenue traditionelle maya dans les rues, des places ombragées, mais décidément trop de touristes. Campeche est ma dernière halte près de la mer, ensuite je resterai à l'intérieur jusqu'au Nicaragua. Et puis je quitterai aussi les zones touristiques avec les bus confortables. Jusqu'ici cela a été facile, des bus avec air conditionné (même en 2ème classe), horaires respectés et la bonne surprise a été que même dans le Yucatan qui est la zone le plus chère de mon voyage j'ai réussi à rester dans le budget fixé de 30 euros par jour, logement déplacements et repas inclus.

Par contre les prises ne correspondent pas à l'adaptateur que j'ai emmené, pas possible donc de couper ma barbe pour l'instant. Pas bien grave, sauf que je risque d'effrayer mes futurs collègues en arrivant dans un mois si je ne trouve pas d'ici là ...

A suivre donc ...

16.7.08

Ay Nicaragua, Nicaragüita …


Comme on dit en espagnol, « borrón y cuenta nueva ». On efface tout et on commence une nouvelle page blanche (ou on recommence). Combien connaissent cette sensation que l’on ressent quand on a les poches entièrement vides ? Pas de clés ni de portable, plus de voiture, plus d’appartement, plus de contrats, pas d’enfants ou de personnes à charge, pas d’argent à gérer, la Libertad ! Et bien c'est une sensation à la fois excitante et perturbante, tout d’un coup est possible, le meilleur comme le pire.

Il y a 10 ans de çà je commençais ma ballade dans le continent américain. D’abord le nord, puis le sud. Il me manquait le centre, le centre du monde. En 1996 je mettais les pieds pour la première fois dans le sud crasseux des Etats-Unis, pour y travailler 2 mois le temps d’apprendre l’espagnol (sic). En 1997 6 mois cette fois en Pennsylvanie pour un projet de fin d’études plutôt laborieux. Et puis à partir de 1999 l’Amérique du Sud, côté zones industrielles. D’abord le Brésil, puis l’Argentine, l’Uruguay en enfin le Venezuela. Ma découverte de l’Amérique du Sud coïncide avec mon départ de Lyon, et pendant un temps c’est l’Espagne qui a pris le relais de l’Amérique latine, en partie du moins. Car depuis mon premier voyage en Amérique latine je n’ai jamais plus vraiment quitté cette culture.

A l'exception peut-être de ma parenthèse Liègeoise. Toutes les villes où l'on a habité nous laissent en souvenir des lieux, des odeurs. Paname l’épuisante avec sa rue des Canettes et son Pousse au crime, Barcelone, « la Ciudad Condal », la douce et créative avec le quartier immigré du Raval, et puis Liège, « la Cité Ardente » avec son Carré comparable au quartier français de la Nouvelle-Orléans mais nettement plus sympa. Liège c’est aussi la ville de Caro ! Caroline c’est la Wallonie avec des couettes, celle qu’on ne quitte jamais complètement. C’est aussi le sourire et le talent, et c’est surtout mon invitée de marque sur ce Blog. L’auteur des illustrations, merci Caro !!!

J’ai appris il y a peu un nouveau mot en espagnol, « puentear », qui n’apparaît sans doutes dans aucun dictionnaire. C’est un mot inventé par la rue pour dire « tendre un pont ». Et il résume assez bien ce voyage. Rendez-vous est donc pris au Nicaragua, le pays le plus pauvre du continent après Haïti, et en particulier dans la région Atlantique, la moins développée du pays où se côtoient métisses, indiens et créoles. Ce voyage a une logique inverse, celle de remonter vers le sud. C’est la route inverse de celle suivie par des millions de gens pauvres qui tentent de gagner le nord et les Etats-Unis pour fuir la misère, souvent la répression. Moi j’arriverai de Cancún (Gringolandia) pour rejoindre l’état du Chiapas sur la côte Pacifique Mexique, celui des Zapatistes en lutte pacifiste depuis 15 ans pour la dignité. De là-bas je descendrai à travers la forêt tropicale pour traverser les frontières du Guatemala, du Honduras et enfin du Nicaragua.

Ce chemin à l’envers forme une sorte de pont entre la petite histoire et la grande. Et quand je parle de la petite histoire je ne parle pas de la mienne, mais de celle de ces peuples maltraités puis oubliés par la grande Histoire. Mais vous me direz que si la petite histoire n’est pas la mienne alors qu’est-ce que je vais faire là-bas ? Dur à répondre, disons que c’est la suite logique de mon voyage commencé il y a maintenant 10 ans.

L’ONG avec laquelle je pars a été fondée par les 2 fils d’une femme franco-américaine qui s’est battue pour la préservation de la communauté des indiens Rama dont moins de 1000 membres subsistent sur la côte Atlantique du Nicaragua. Ses fils ont par la suite décidé d’apporter à leur tour leur soutien à cette communauté ainsi qu’à d’autres de la région. Préservation de leur culture et de leur habitat, développement durable à travers les énergies renouvelables, mise en place d’un système de gestion de l’énergie communautaire pour tous, implication des communautés dans le projet à tous les niveaux, ainsi que d’universités et d’organismes nationaux pour l’étendre ensuite à d’autres régions.

Il n’y a pas très longtemps de cela, une amie brésilienne venue étudier en France m’a dit la chose suivante : « mais si tu veux aider les gens, pourquoi n’aides tu pas les gens pauvres dans ton pays ? ». La seule réponse que j'aie trouvée a été de lui dire que j’y allais pour apprendre et partager. Ce à quoi elle a répondu : « dans ce cas tu as raison d’y aller, car là-bas tu découvriras que l’on peut donner sans rien attendre en retour ».