5.12.08

Titanienme Kahkabila

Nous y voilà ! Depuis une semaine l'équipe au complet termine l'installation d'un nouveau système hybride éolien/solaire dans la communauté de Kahkabila, sur la lagune Laguna de Perla au nord de Bluefields. Et j'ai eu la chance d'être invité au dernier moment à participer à l'installation. Une personne de GoodEnergies, l'un de nos importants donateurs faisait aussi partie du voyage pour constater le travail effectué dans les communautés.

Au total, entre l'équipe technique et l'équipe de travailleurs sociaux dont deux étudiants de l'URACAN (université indépendante de la RAAS basée à Bluefields), nous étions 14 personnes parties pour un séjour variant de 1 à 10 jours. L'objectif premier était d'apporter l'électricité au centre de santé de la communauté, ce qui doit permettre - entre autres - de garder des vaccins au frais. Un des autres objectifs était de faire comprendre à nos donateurs l'importance et les difficultés liées à l'absence d'électricité dans les foyers.


Je suis reparti avant la fin de l'installation mais tout s'est très bien passé, et le centre de santé compte avec un jeune médecin formé à Cuba qui va développer le service au-delà de ce qui avait été fait jusque là. Il fait partie des brigades de médecins qui en contrepartie d'une bourse pour étudier la médecine à Cuba iront compléter les équipes de médecins que Cuba envoit dans les pays qui en ont besoin. Deux autres invités étaient un couple de français agronomes tous les deux qui souhaitent travailler avec les communautés pour valoriser leur savoirs ancestraux avec la médecine par les plantes. La rencontre avec le médecin laisse envisager une collaboration avec blueEnergy et la communauté des plus prometteuses. A suivre ...




Quant à notre donatrice, il lui a été facile de se rendre compte de l'importance des lampes à LED que nous fournissons dans certaines maisons, et qui permettent aux familles d'avoir une vraie vie sociale après 17 heures sans les déagréments d'un générateur diesel (prix du gasoil dans une communauté qui vit essentiellement de troc, bruit et échappement nocif). La communauté peut ainsi profiter pleinement du calme qui la caractérise, les seuls bruits nocturnes étant ceux des vaches qui se balladent librement entre les maisons. Les habitants n'ont pas de titre de propriété, les terres appartenant exclusivement à la communauté et donc pas de barrières pour délimiter la propriété de chacun.

Pas d'alcool et cigarettes non plus, ni de bouteilles en plastique jetées par terre puisqu'il n'y a pas de magasin, juste les produits alimentaires cultivés ou achetés à Pearl Lagoon, la ville à laquelle la communauté est rattachée et située à environ 1 heure de cheval ou de bateau. Pour ce qui est de l'alcool, celà se justifie par l'absence de poste de police, autant éviter les problèmes donc !

La première impression en arrivant dans la communauté est celle d'un retour au paradis. La communauté consiste en un grand pré impeccable dans lequel ont poussé de manière anarchique des cabannes rustiques mais très bien pensées. Ce sont les premières que je vois notamment avec une cuisine séparée de la maison, ce qui est important pour l'aération de la fumée de bois. Dans les autres communautés la fumée sert à éloigner les moustiques mais est nocive pour la santé. Ici peu de moustiques (ni de sand flies), juste un calme et une tranquilité inégalable. Les gens sont charmants, la plupart pêcheurs avec leur propre cayuco (pirogue construite dans un tronc d'arbre, Dori en créole) avec une voile en plastique épais, parfois même une voile d'avant. De bien belles embarcations véloces et efficaces pour les eaux tranquilles de la lagune.

On y cultive aussi du yuca (manioque), et trouve des arbres à pain de partout, en plus des cocotiers. Pour ce qui est de la viande, des poules, des vaches et même des chêvres assurent une nourriture variée avec les poissons et crevettes de la lagune. On n'y cultive pas de riz mais ce serait possible en raison de la richesse du sol en eau. Ici pas besoin de creuser plus d'un mètre pour trouver une eau de très bonne qualité. La terre est riche et facile à travailler.




Quand aux enfants, généralement ils ont la tête en l'air, tournée vers leurs cerf-volants qui offrent un fabuleux spectacle et arrivent à monter très haut pour être vus loin sur la lagune.


Certains enfants ont également leur propre maison de jeux en palmes que l'on pourrait confondre avec une vraie maison tellement elles sont bien fabriquées. Il faut dire que ce sont un peu les rois de la communauté ...


Il existe un petit hotel dans la communauté, mais étant donnée la taille de l'équipe et notre budget, nous avons opté pour des hammacs dans l'ancienne école, un joyeux fouillis comme le montre la photo ci-dessous.


Ci-desssous un chemin tracé avec acharnement par les sompopos (wiwis en miskito), les grosses fourmis locales qui néttoient tout sur leur passage.


Quant à l'organisation des repas, c'est la femme du leader de la communauté, Mildread, qui nous préparait d'excellents plats à base de riz, oeufs et légumes. La veille de l'arrivée de notre contingent une vache avait été abattue, ce qui nous a assuré aussi une viande fraiche, leur maison servant de restaurant. Coût du service: 50 cordobas (1.5 euros) par jour pour 3 repas avec des produits de très bonne qualité.


blueEnergy est présent dans cette communauté depuis plus d'un an, et avait déjà installé un système qui alimente l'école, permettant des cours du soir aux enfants et adultes. Sept professeurs assurent les cours, avec un enseignement en 3 langues: espagnol, anglais créole et miskito. Kahkabila est le plus bel exemple de réussite de blueEnergy, et verra son accès à l'electricité sans doutes augmenter étant donné le bon fonctionnement de la structure mise en place. Pour l'instant, la communauté compte environ 500 personnes (75 maisons) mais continue de se développer. Un projet d'éco-tourisme apparemment est déjà en marche, et les liaisons avec le chef-lieu Pearl Lagoon assez simples, ce qui offre de bonnes possibilités de dévelopement futur.


Pour plus de photos, j'ai mis un nouveau diaporama appelé "Kahkabila". Un endroit extrêmement agréable qui donne vraiment envie d'y poser ses valises ... Mais pour l'instant retour à Bluefields où le travail ne manque pas. Au programme avant les vacances de fin d'année: agrandissement de l'atelier avec un nouvel espace pour le dévelopement d'un laboratoire pour l'eau (pompage et filtration pour fournir de l'eau potable aux communautés), déménagement de la bibliothèque de l'INATEC pour installer notre nouvel espace CERCA (transformation de l'institut technique en un centre phare pour les énergies renouvelables), et installation de panneaux solaires dans le même centre INATEC.

En même temps je dois finir la rédaction de la politique Ressources Humaines et aider les personnes de la compta à préparer un audit prévu en février pour vailder notre conformité vis-à-vis des lois nicaraguayennes. Ensuite au programme, définition d'une stratégie de dévelopement des communautés, avec l'arrivée depuis hier d'un couple nord-américain qui va rejoindre Kahkabila pour 5 mois afin d'optimiser nos actions sur place. Pour ce qui est des vacances de fin d'année, c'est encore flou mais je vais sans doutes essayer de passer quelques jours dans une des communautés afin d'affiner notre approche et méthode de travail.

Pour illustrer le travail qui est fait en ce moment dans les communautés, cette semaine à Kahkabila l'équipe de travail social a demandé aux gens de la communauté de dessiner leur communauté dans 5 ans, et la prochaine étape sera un atelier sur les possibilités socio-économiques qui peuvent apparaitre avec le dévelopement des communications, notamment avec un système de recharge de portables via notre système électrique.


27.11.08

Energía para qué ?

Ya vuelven las noticias en español, ha pasado un mes desde que terminarón las conferencias sobre energías renovables, y desde entonces hemos regresado al trabajo. El equipo sigue evolucionando, y hace poquito llegó un chico vasco que va a trabajar sobre los posibles usos de la energía que producimos. Ocurre que uno de los usos estratégicos de la electricidad es para el agua. Aqui no hay red de agua, y generalmente el agua se consigue de pozos de los cuales se extraye agua con baldes. Con una bomba se puede crear una red local de agua, y combinado con los filtros que fabricamos llegar a traer agua potable a una comunidad.

Otra posibilidad es crear centros de ecoturismo, tipo eco-lodges, en lugares remotos. Una de las personas locales que trabajan con blueEnergy tiene una finca grande cerca de Bluefields, y se está pensando en aprovecharla para atraer gente y sacar provecho de su uso. Una chica de la oficina en Paris vinó a hacer un estudio de factibilidad, y parece que hay gente que acepta pagar hasta 6000 euros para pasar una semana con los mosquitos. Una ventaja en caso de que lo gestioné una ONG es que puede considerar las aportaciones de los visitantes como donativos, con lo cual pueden recuperar 66% de lo que pagan (en Francia por lo menos). Un viaje así de 6000 euros les costaría entonces "solo" 2000 euros mientras la ONG recibe 6000 euros, lo que representa fondos limpios para su proyecto.

Así que sin más nos metimos con machetes y pantalones largos bosque adentro, explorando los límites de la finca y alrededor. Después de perdernos, descubrimos que un vecino vende un terreno pegado a la finca y con acceso a un río que desemboca en la laguna, por un precio de 1000 euros por hectárea. Este terreno permitiría un acceso mucho más fácil a la finca en panga, y varias lomas (pequeños cerros) se proponen para recibir una o varias túrbinas eólicas.

Por lo que nos explicó la dueña de la finca (que también es dueña de la casa donde dormimos y trabajadora en blueEnergy), el suelo tiene vocación forestal, igual que en Guatemala. Con lo cual el mejor provecho económico se puede conseguir sembrando cocos y esencias caras de arboles. Es un buen comienzo para una finca ecológica y reserva natural. Aparte de lo que se siembré se encuentran bastantes animales (venados y otros roedores locales que se venden en Bluefields), y parece que unos ríos que salen a la laguna tienen agua de buena calidad donde se podría pescar.

Obviamente, aunque este proyecto esté un poco en margén del proyecto principal de traer electricidad a comunidades de la costa, interesa bastante a los voluntarios (entre ellos yo) por representar una posibilidad de descanso dominical en medio de la naturaleza ... No hay imagenes espectaculares (sino la del ejercicio fallido de equilibrio de nuestro irlandés) pero les aseguro que el viajecito merece la pena !


Casita perdida en medio del bosque

Cuidadoooo ...

Nintendería (no hemos visto PlayStationerías aùn)

Esta semana se fue todo el equipo para instalar una nueva turbina eólica en una comunidad al norte de Pearl Lagoon, y buena noticia ... seré parte del viaje para una corta estancia en la comunidad. Es una buena noticia porque hasta ahora lo que iba haciendo poco tenía que ver con el trabajo de terreno, ahora un poco más. Aunque lo creán o no, voy de VIP. Ya les contaré !

A seguir puej ...

10.11.08

Fishing the White Lobster

Petite histoire pour débûter et expliquer le titre de l'article !

Comme vous le savez, blueEnergy travaille avec des communautés isolées de la côte Atlantique du Nicaragua. Ces communautés sont généralement multiéthniques avec des créoles (descendants d'esclaves noirs parlant l'anglais créole), des latinos descendants d'espagnols, et des éthnies indigènes plus anciennes comme les Ramas ou les Miskitos.

Généralement ces communautés sont composées d'une cinquantaine voire d'une centaine de familles vivant dans des conditions pour ainsi dire précaires, généralement dans des cabannes de bois sur pilotis en raison des fréquentes inondations durant la saison des pluies. La seule activité consiste à travailler la terre, élever quelques animaux et la pêche.

Il se trouve que les pêcheurs sont souvent les plus pauvres, mais parfois aussi les plus riches. La raison à celà est à chercher dans la cocaïne qui transite par la côte depuis la Colombie vers la Floride. Le traffic est dense, et assez régulièrement un bateau transportant de la drogue est identifié par les douanes. La seule solution est alors de jeter la drogue par dessus bord, et la pêche aux sacs de drogue abandonnés est devenue une activité lucrative.

Fishing the white lobster veut dire en anglais aller à la pêche à la langouste blanche, car c'est une pêche qui peut rapporter gros. Les trafficants connaissent très bien la côte et savent où récupérer les sacs de drogues abandonnés. C'est comme celà que s'est installé un commerce avec les pêcheurs du coin, ceux-ci revendant la drogue à leurs propriétaires qui contrôlent ainsi la zone de par leur influence économique.

Parmi les effets secondaires de ce commerce on trouve la drogue très présente dans les communautés avec des personnes qui du jour au lendemain se retrouvent bien plus riches que tout le reste de la communauté, ce qui engendre violence et problèmes au sein de la communauté. Avec l'argent facile viennent aussi les mauvaises habitudes et on voit apparaitre des gens qui pour aussi avoir de l'argent prostituent leur fille ou essaient de la vendre à un capitaine de bateau de passage.

A Bluefields aussi d'ailleurs la drogue est bien présente, soit de la cocaïne ou du crack, une version plus accessible car la poudre blanche est vendue et seul le crack qui est un sous-produit est consommé ici. Facile d'imaginer dans ce contexte les difficultés que peut rencontrer notre équipe de blueEnergy pour le développement d'une telle communauté. Et pourtant c'est la réalité avec laquelle se bat l'ONG depuis 4 ans. Celà explique aussi l'importance du travail de terrain et du volet social du projet.

Mais heureusement toutes les communautés ne sont pas comme çà et la côte compte aussi de fabuleux endroits, comme les Pearl Keys où nous avons passé le dimanche, partie de l'équipe et moi. Les photos parlent d'elles-mêmes, même si je dois dire pour être exact qu'un nord-américain a acheté l'île sur laquelle nous avons pris les photos en toute illégalité et paye une équipe de gardes permanents pour vérifier que les touristes comme nous ne prennent pas de photos de la maison qu'il y a construite.

D'ailleurs, difficile de savoir si c'est vraiment un nord-américain ou un trafficant qui l'a construite, car généralement sur la côte la sagesse populaire dit que toutes les grosses maisons sont la propriété de narcos. Ce qui parait plausible compte tenu qu'ici il n'y a pas d'entreprises, et que les seuls obèses sont les politiciens et policiers. Et puis après tout, les affaires entre narcos et pêcheurs ne sont pas très différentes de celles entre narcos et politiciens quand il s'agît de tisser un réseau d'influence.

Bref, quelques photos en plus du diaporama sur les Pearl Keys, les premières ayant été prises pendant la traversée aller en panga qui a été un peu mouvementée pour cause de vent et de panga pas vraiment adaptée à la mer.

En quittant Orinoco, près de Pearl Lagoon (blueEnergy y a un projet d'énergie prévu d'ici un an environ).

Petite photo de groupe prise sur l'une des îles. Tous sont des volontaires blueEnergy avec 3 pesonnes du bureau blueEnergy France à Paris de passage.




Cormac, Irish Style !


Pas vraiment de conclusion, comme souvent ici le meilleur côtoie le pire, l'enfer se cachant sous le sable blanc ou au contraire le sable blanc pour recouvrir la misère d'un voile au parfum de paradis.