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23.5.10

Rythmes et Couleurs: Palo de Mayo 2010

Le temps passe, et après 3 mois au sec les nuages chargés d'électricité sont de retour, juste à temps pour le carnaval qui doit consacrer l'arrivée officielle des pluies. L'électricité descend alors du ciel pour se transmettre aux corps ruisselants et exaltés, c'est l'énergie du Palo de Mayo.

La musique vous la connaissez déjà un peu, j'en distille régulièrement quelques extraits dans ce blog à vocation multimédia. Elle peut prendre plusieurs formes, cette fois j'ai choisi celle qui me fascine le plus, la musique Punta. La musiques des Garifunas du Honduras et d'Orinoco, cette même communauté dont je parle souvent, autant en terme de travail que pour l'intérêt du lieu et de sa culture.

Et puisque l'on parle d'énergie et de musique Garifuna, j'ouvre une parenthèse pour parler à nouveau d'Orinoco, et faire la différence entre développement énergétique et développement humain. Orinoco est dotée d'un mini-réseau alimenté par un générateur diesel. Les gens disposent ainsi d'un service électrique de 12 heures par jour, enfin c'est ce que disent du moins les chiffres. L'autre face de la réalité est un taux de 50% de non-paiement des gens connectés, malgré la subvention de l'énergie dérivée du pétrole à plus de 75%.

Même si la communauté n'est pas parmi les plus pauvres de la côte, ses ressources naturelles (bois et poisson) se sont affaiblies et la mentalité de consommation s'est développée en même temps que le transport. Résultat, les gens achètent à présent leur poulet et légumes depuis Managua au lieu de les produire eux-mêmes. Pourtant, la communauté reconnait qu'elle pourrait cultiver une superficie deux fois supérieure à celle actuelle sans déforester. Mais les jeunes ne veulent plus travailler la terre, ils préfèrent conduire une panga ultra-puissante ou revendre n'importe quoi, tant qu'il y ait des gens pour y acheter. Imaginez que la plupart des jeunes y ont un téléphone cellulaire alors qu'il n'y a pas vraiment de réseau. Mais avoir un portable qui coûte plus que le salaire de ses parents, ça permet de cultiver cette image que tous les jeunes poursuivent à travers le monde.

Parfois c'est le contraire, comme par exemple dans le territoire Rama. Là-bas pas de réseau du tout ni d'électricité, donc pas de portables. En revanche, le Gouvernement Territorial indigène lui demande à ce que l'on destine les fonds internationaux au développement d'une production agricole respectueuse de leurs traditions ancestrales, ce qui ne convainc pas du tout les organismes de développement qui pensent eux plus en termes de marché et de globalisation. Et il y a ici une discussion assez intéressante. Le Gouvernement Territorial veut que les gens puissent produire leurs produits de façon traditionnelle et viable, alors que les bailleurs de fonds veulent eux développer le tourisme afin d'augmenter les indicateurs économiques du pays, notamment en développant le commerce entre la côte Atlantique et la capitale du côté Pacifique. Autrement dit, créer des devises pour que les gens puissent acheter leur poulet à Managua comme tout le monde plutôt que les aider à rendre viable l'élevage de leurs poulets et à préserver leurs traditions.

J'imagine que certains des gens qui croient en ce schéma libéral comme unique solution le font de bonne foi, en pensant que la qualité de vie se mesure uniquement en dollars. Et c'est aussi l'un des enjeux que de définir des indicateurs du développement qui ne soient pas basés sur un schéma de développement purement libéral mais sur des valeurs qui respectent les valeurs et traditions de tous les peuples et cultures.

Parfois le développement celà commence par apporter la lumière. Mais la lumière ça ne remplit pas la marmite, alors en parallèle il est nécessaire d'aider la communauté à développer des projets productifs et le transport, ce qui va lui permettre de développer un marché interne, l'organiser, pour ensuite développer un marché externe.

Et parfois comme dans le cas d'Orinoco, l'énergie existe déjà et permet d'alimenter certaines micro-entreprises. Mais il reste à les rendre rentables, et à sensibiliser les gens sur le lien entre économie et environnement. Mais de tels projets peuvent avoir un réel impact s'ils fonctionnent, transformant la communauté en une plateforme pour le développement des communautés plus petites aux alentours. On appelle celà créer un éco-système, dans lequel on cherche les complémentarités. Les petites communautés ont généralement les ressources naturelles, les grandes l'énergie et le savoir-faire pour les exploiter. Reste à faire marcher le tout, ce qui implique générealement de faire s'assoir ensemble nombre d'institutions et partenaires. C'est ce que à blueEnergy on appelle le rôle de catalysateur.

Mais revenons au Palo de Mayo. Comme tout carnaval on y trouve de tout et pour tout le monde, et le catalysateur ici c'est la musique et la danse. Et tout le monde en profite, les parents mais aussi les enfants.

Lors du carnaval, tout est permis, le but étant de s'amuser tous ensemble et d'oublier ses problèmes.

Et bien sûr pas de carnaval sans l'élection de sa Miss. Chaque comparsa qui parcicipe au Palo de Mayo élit sa candidate au titre de Miss Palo de Mayo.

Palo de Mayo c'est donc un défilé des différentes comparsas qui dure toute l'après-midi du dernier samedi du mois de mai, et sera suivi par Tululu, le lundi soir. Tululu c'est le défilé final où toute la population de Bluefields défile au son des tambours, et danse jusqu'au boût de la nuit pour remercier la déesse de la fertilité et l'arrivée de la pluie.



Et en live voilà une idée de ce que celà donne ... de nuit, puisque le défilé commence à 22 heures.



8.12.09

Le monde est la plus riche des écoles buissionnières

Parfois on apprend au fil des rencontres informelles, dans la rue ou les bistrôts, et parfois on se retrouve l'air de rien assis sur un banc d'école à écouter un maitre raconter l'histoire de l'enseignement. C'est un peu ce qui s'est passé il y a quelques semaines, à l'occasion de la visite d'un expert pédagogue Cubain.

Pour ceux qui ne le savaient pas encore, Cuba a l'un des meilleurs systèmes éducatifs et un taux d'alphabétisation supérieur aux Etats-Unis. C'est aussi l'un des pays pionniers dans la révolution énergétique, pas par idéologie mais par la force des choses. Cette révolution elle est tout près dans les pays du nord, mais tarde à se mettre vraiment en marche. Peut-être que le sommet de Copenhague accélèrera les choses, peut-être pas. Toujours est-il que nous voilà à écouter un cours magistral sur les raisons d'un changement de modèle centralisé à un modèle de production et distribution décentralisé qui s'adapte aux énergies renouvelables et challenges des décennies à venir. Au programme donc démonstration technique, efficacité énergétique, modèles de facturation qui favorisent une réduction de la consommation et surtout l'éducation.

Mario, l'expert en question représentant de Cubaenergía nous a fait un petit clin d'oeil assez inattendu, en relatant son voyage dans la communauté de Monkey Point où il a été invité par blueEnergy. Avec une émotion non dissimulée il nous racontait que le jour de son arrivée à la communauté était le jour de la cérémonie de graduation des élèves de l'école communautaire. Et pas question de s'y présenter avec un costume non repassé. Oui mais voilà, est-ce que le système hybride éolien-solaire installé peut supporter la charge énergétique d'un fer à vapeur ? Discussions entre les membres de la commission d'énergie, consultation de l'équipe technique de blueEnergy qui accompagnait Mario. Réponse: Oui, mais si tout le monde se met d'accord pour ne rien brancher d'autre en même temps. La cérémonie a ainsi pu se dérouler sans plus d'imprévus, après un débat démocratique à faire pâlir de honte les irresponsables individualistes que nous sommes.

Peut-être ne le saviez vous pas mais dans nos pays industrialisés on produit beaucoup plus d'énergie que ce que l'on consomme, entre autre à cause des pertes considérables dûes aux distances du réseau de distribution centralisé. C'est l'une des raisons qui ont conduit Cuba à décentraliser sa production A l'autre extrême de la centralisation on trouve notre système de Monkey Point qui donne de l'énergie à une vingtaine de familles. Dans cette communauté, on demande à une communauté qui il y a 5 ans ne savait rien des miracles de l'énergie, non seulement de devenir des techniciens capables de réparer un système complexe dont tout est nouveau, mais en plus de gérer l'énergie produite de façon bien plus démocratique que ce que l'on fait dans nos pays soit disant éduqués où l'énergie est culturellement une source illimitée qui répond à nos infinis désirs.

Il y a bien dans nos pays quelques exemples d'associations de propriétaires qui ensemble gèrent leur énergie mais c'est plutôt rare, le réseau national n'étant jamais bien loin. Il n'en est pas de même dans tous les coins de la planète, et bien souvent ici même si le réseau se trouve relativement près, une petite communauté multiethnique et désorganisée n'est pas un marché intéressant. Dans tous les cas, cette présentation était l'occasion de se rendre compte que si la côte Atlantique du Nicaragua où 75% des gens vivent sans aucun accès à l'énergie a un grand besoin d'éducation sur l'énergie, dans nos pays du nord on a en revanche un au moins aussi grand besoin de réapprendre ce que l'on croyait savoir sur l'énergie.

Pour revenir au cas de la côte, l'éducation y est un enjeu important, par exemple pour arriver à y développer la première formation en énergies renouvelables d'Amérique Centrale. C'est ce que blueEnergy s'efforce de faire en partenariat avec l'INATEC de Bluefields. Mais tout çà c'est encore un peu théorique, alors que l'éducation c'est parfois très concret. Un exemple sur lequel je travaille en ce moment se trouve tout près de Pearl Lagoon, une école tout à fait particulière créée par FADCANIC, un centre d'éducation environnemental et agro-forestier. Jusque là rien de bien nouveau, à part l'approche de ce qu'est l'éducation dans ce centre. On y enseigne des techniques d'agriculture qui préservent l'environnement, avec pour chaque élève l'obligation de réaliser un projet de fin d'étude dans sa communauté qui validera son diplôme. Une manière simple de connecter l'école avec le développement des communautés, en impliquant non seulement les élèves mais aussi d'autres membres de la communauté. L'idée est que le savoir qui y est enseigné soit transmis directement et utilisé dans les communautés.

Et ce n'est pas un hasard si ce centre éducatif a une partie dédiée à l'éco-tourisme. Car si ce savoir est bon pour les gens des communautés de la côte, il est bon aussi pour nous-autres gringos. Et puis, les temps changent petit à petit. Les énergies renouvelables avancent comme point charnière du développement durable, mais pas toutes seules. Elles se trouvent en ce moment dans l'agenda de toutes les grandes agences du développement, au même rang que la santé, l'environnement et l'éducation. Et ce n'est pas un hasard, car si l'on met ensemble énergie, environnement et éducation, on obtient par exemple sensibilisation à la préservation de l'environnement et au besoin d'une consommation d'énergie raisonnée. CQFD.

Maintenant pour attirer des éco-touristes il faut différents ingrédients. Les paysages, ici on a ce qu'il faut. Pour ce qui est de la culture, on est à quelques brassées à la nage des communautés Garífunas dont je parlais dans l'article précédent. La culture inclut notamment la gastronomie, comme par exemple le pain de manioc que préparent les mêmes Garífunas. Pourquoi pas le cuire à l'aide de biogaz. Une installation de biogaz, ça FADCANIC sait le faire. Mais ce qu'ils ne savent pas faire c'est installer un système d'énergie renouvelable pour que l'éco-turista puisse déguster son "Cususa" (sorte de rhum à base de plantes et de racines) bien frais. Et bien sûr l'éducation, expliquer comment cela marche, quel est l'impact de nos erreurs passées sur la forêt de la Côte, et pourquoi les communautés pêchent et chassent moins qu'avant, pourquoi à présent ils importent la plupart de leurs produits alimentaires en tournant petit à petit le dos à leurs traditions.

Tout cela est lié et est le sujet d'un petit projet que j'essaye tant bien que mal de formuler en ce moment. Comment FADCANIC et blueEnergy peuvent collaborer pour réunir énergies propres et consommation raisonnée (efficacité énergétique), éducation (sensibilisation), environnement (éco) et développement (tourisme), et enfin préservation de la culture locale.

Un autre sujet aussi beaucoup abordé ces semaines est l'utilisation de la biomasse. C'est la source d'énergie la plus abondante ici sur la côte. Mais le problème est encore une fois de trouver l'équilibre juste pour l'échelle, penser solution locale plutôt qu'économie d'échelle, viabilité socio-économique plutôt que rentabilité financière de produit alimentaires réorientés au final à la production d'énergie. Comment éviter les pièges des immenses mono-cultures destructrices de l'environnement et de la souveraineté alimentaire ?

Une partie de la solution se cache dans l'approche que l'on choisit pour répondre au problème. Un problème qui a des implications sous-jacentes tellement multiples requiert une analyse globale (sociale, économique, environnementale, énergétique). C'est alors qu'apparaissent des notions qui ne sont pas une solution en soi sinon une combinaison intelligente de solutions comme la cogénération, le recyclage et la réutilisation de déchets pour générer de l'énergie, d'arbres déracinés par le dernier ouragan pour générer de l'énergie de manière efficace et sans polluer (gazéification de biomasse), de réutiliser l'eau de pluie avec laquelle on s'est lavé les mains pour la chasse d'eau.

Rien de nouveau dans tout ça en fait, mais le modèle industriel en vigueur a éclipsé ces technologies pendant longtemps car elles remettent en cause le modèle entier de développement économique. Une cararctéristique des énergies renouvelables est qu'elles se trouvent éparpillées, et un modèle énergétique qui les incluerait de façon efficade à grande échelle implique une décentralisation de la production, d'avoir 10000 unités de production au lieu de 10, plus près du consommateur et plus flexibles pour s'adapter aux variations locales de la demande. Mais celà veut dire aussi une plus grande ouverture du marché de l'énergie, ce qui n'est pas forcément non plus facile avec le système actuel dans lequel prévaut l'intégration et le monopôle.

Dans tous les cas, on a encore une fois tous vraiment besoin de retourner sur les bancs de l'école ! Et puisque d'éducation il s'agît ici, un rapide commentaire pour dire qu'en arrivant ici je pensais qu'enseigner était le travail le plus fatiguant qu'il existe. Après avoir passé un an à essayer de faire marcher une bande de volontaires dans la même direction j'en suis à présent complètement convaincu. Ce que l'on essaye de leur faire comprendre n'est pourtant pas compliqué, on leur demande d'écouter. Mais ce n'est pas si naturel qu'il y paraît. Ecouter cela veut d'abord dire laisser de côté le "moi je", arrêter d'être celui qui sait et écouter pour comprendre ce dont les gens ont vraiment besoin. Parfois il est dur d'accepter que l'impact que l'on aura sera plus grand en écoutant plutôt qu'en venant démontrer ce en quoi l'on croit.

Les problèmes de la côte ici et d'autres endroits isolés sont souvent similaires et liés à l'isolement: manque d'infrastructure qui les prive d'accès à un marché pour leurs produits, réduisant leurs possibilités économiques à un simple troc de subsistance. Manque d'éducation et de santé en raison de la difficulté de trouver des professeurs et médecins, poussant souvent les jeunes à quitter la communauté. Manque de communications pour pouvoir consulter un médecin compétent à distance pour un diagnostic, coordonner une évacuation voire organiser un semblant de commerce. Et finalement, le manque d'éducation accompagne généralement un manque d'organisation qui réduit à néant les possibilités de voir un quelconque projet voir le jour.

Les tout premiers pas d'un projet de développement dans une communauté qui se trouve dans cette situation d'échec ressemblent beaucoup à une école buissonière où tout le monde s'assied en cercle et où chacun tour à tour écoute et explique le pourquoi on en est là, les raisons de l'échec et aussi ce qui empêche de faire que celà fonctionne. Et tout le monde est à l'école, les visiteurs étrangers comme les membres de la communauté. Ensemble on essaye de formuler quels sont les problèmes à résoudre en priorité, et définir quels sont les points bloquants, pour essayer ensuite de les résoudre. Une sorte d'enseignement spécialisé pour cas difficiles mené par des enseignants eux-mêmes élèves à l'école de la vie. Une bien belle école en tous cas !

Bonnes vacances et fêtes de fin d'année à tous !!

22.11.09

Buiti binafi umadagu Garinagu

Aquí seguimos, con unas historias nuevas (y fotos) de la Costa Caribe Nicaragüense, y empezando con una que creo simboliza lo que es y ha sido la gran Historia de la Costa.

Hace pocos días, fui con un grupo de voluntarios a visitar dos comunidades Creoles al Norte de Bluefields, entre Kukra Hill y Laguna de Perla. Se llaman Manhatan y Rocky Point. Allí viven Creoles que tradicionalmente vivían de la pesca, pero tuvieron que abandonarlo para cultivar la tierra, después de que las grandes empresas multinacionales hayan arrasado con lo que había de pescado en la Costa. Ya no les alcanzaba para vivir, y por eso se convirtieron en agricultores, buscando un mercado para sus productos.

Pero en la zona de Kukra Hill donde están localizados se ha instalado hace unos años una plantación de palma africana de 7,000 hectáreas, manejada por una empresa Costarricense que para desarrollarse cambió el trazado de la carretera que une Kukra Hill a la Laguna de perla, donde ahora existe une conexión con Managua. Esta plantación se ha convertido en un actor importante de la zona ya que da trabajo a mucha gente. Pero a estas dos comunidades no les trajo beneficio, sino todo lo contrario. Primero, la nueva carretera está a una hora de su comunidad - por camino de lodo en muy mal estado, y ya no pueden usar la antigua carretera al lado de la cuál fundaron su comunidad. Además de eso, la plantación sigue ampliándose, y ahora presionan a estas comunidades para que les vendan sus tierras.

Todo eso hace que estas comunidades se encuentren en una situación muy precaria, con grandes dificultades de acceso y sin energía, ya que la red nacional sigue la nueva carretera.

Abajo están unas fotos de estas comunidades muy tranquilas, con muchas mujeres presentes en los talleres que hicimos. Eso es debido a lo que contaba en el artículo anterior del rol de las mujeres en las comunidades Creoles y Garífunas que son afro-descendientes.

Taller participativo en Manhatan:

La pequeña comunidad de Manhatan:

El interior de la escuela, con nuestro guía, Willy Gart:

En la finca de Kenneth Fox, la persona que nos invitó a visitar las dos comunidades, con una estufa mejorada construida por FADCANIC:

Para el almuerzo, un rondón de tortuga, un plato típico de esta parte de la Costa (no presten atención a la botella). Las tortugas vienen a reproducirse un poco más al norte, en la Desembocadura del Río Grande, su negocio es (en principio) controlado pero de todas maneras se comen más que todo en las comunidades, como plato tradicional. El rondón es una sopa con coco, bananos, yuca y otros legumbres de aqui, y por supuesto gallo pinto (el plato nacional, arroz y frijoles cocinados con coco).


El taller en Rocky Point, con una amplía mayoría de mujeres campesinas que asistieron. Una de ellas trabaja para FADCANIC que es bastante presente en esta zona, y les ayuda a organizarse para preservar la micro-cuenca en la cuál está localizada la comunidad.


Un invitado del taller un poco especial ...

De vuelta en Bluefields, empezamos a analizar lo que se podría hacer para estas comunidades. blueEnergy no tiene fondos ni proyecto para ellas, pero como lo explicaba en el artículo anterior, puede ser el catalizador para conseguir fondos y apoyo de otras organizaciones que sí tienen fondos para ayudarlas. Lo iremos siguiendo ...

Mientras tanto, siguen avanzando los otros proyectos en curso, y con el final del año que se avecina llega bastante trabajo, en particular para cerrar los proyectos y reportar a los organismos donantes que nos apoyan sobre las actividades realizadas durante el transcurso de este año. Y es que este año ha sido intenso, con muchas actividades, cambios que explicar, ajustes presupuestarios, etc ... En eso estamos, y a eso dedico buena parte de mis fines de semana, al mismo tiempo que voy preparando las vacaciones de navidad.

La semana pasada sin embargo, me escapé dos días para ir al día de los Garífunas, en la comunidad de Orinoco, la capital de los Garífunas en Nicaragua. Aqui abajo está un vídeo que muestra nuestra llegada en barco a la comunidad.




Llegamos allí poco antes del mediodía, después de 5 horas de barco con ritmos de la Costa para calentarnos y prepararnos a lo que nos esperaba en Orinoco.

Aqui van unas fotos de la comunidad:


Una pelea de gallos, inprovisada para nosotros.

Abajo está un refugio, construido en caso de huracanes. Allí viven algunas familias después del huracán Ida que dejó unas casas sin techo.

Durante la mañana y el principio de la tarde tenía lugar un consurso de baile, por las comparsas de la escuela de la comunidad. Luego, todo el mundo se trasladó al estadio donde había una tarima grande para un concierto digno de lo que podemos ver en Europa. La música típica de los Garífinas se llama música Punta. Entre los vídeos que he agragado en la parte a la derecha del Blog (abajo), el primero es uno de este tipo de música (para bacanalear). Que disfruten !


Este concierto en Orinoco ha sido posible, entre otras cosas, por la presencia de una planta diesel de 110 kW que proporciona 12 horas de servicio eléctrico a la comunidad. Desde el mediodía hasta la media noche, y que pronto se extenderá a 16 horas diarias.

La comunidad beneficia de una micro-red con un medidor en cada casa, y este día se extendió el servicio más horas ya que hubo música hasta las 3 de la madrugada, poco tiempo antes que el barco regresará a Bluefields con sus viajeros un poco más cansados que a la ida pero con recuerdos inolvidables en la cabeza, después de una noche mágica de música Punta bajo las estrellas.

Aqui van una imagenes del estadio:


Si recuerdan, mencioné en un artículo anterior que Orinoco era una de las 5 comunidades Garífunas que son parte de un gran proyecto de desarrollo que estamos negociando con el PNUD. Este proyecto con fondos de Finlandia debería empezar - si Dios quiere - a principios del 2010. Ya hemos realizado un diagnóstico de la comunidad de Orinoco que es la más grande de las 5 comunidades Garífunas, con una población superior a 1,000 habitantes de los cual es el 90% aproximadamente son Garífunas. Este proyecto contempla infraestructura, energías renovables (3 comunidades no tienen servicio de energía, y el servicio en Orinoco es limitado), educación, salud, y promoción de la comunidad y de sus actividades.

La cultura Garífuna tiene una riqueza impresionante, y recuerden también su historia peculiar que ya les conté. En este evento ya llegaron bastantes turistas de todos los países, incluido Honduras y Belice donde se concentran la mayoría de los Garífunas. Tienen su propia lengua, que se había casí perdido en Nicaragua. Afortunadamente, desde varios años se enseña de nuevo en la escuela primaria de Orinoco con profesores de Honduras. Y existen también programas para que los adultos puedan viajar a Honduras para aprenderlo.

Al igual que el proyecto de rescate de la lengua Rama iniciado por Colette Grinevald, la madre de los fundadores de blueEnergy, también la lengua Garifuna goza de un apoyo internacional que ahora culmina con un fortalecimiento de su cultura, y esperemos que este nuevo proyecto de desarrollo empiece rápido para seguir en esta dirección.

Dari uguñe Orinoco ! (hasta pronto Orinoco)

8.11.09

We soon reach !

Une fois n’est pas coutume mais cet article va commencer par un poème d’inspiration biblique. «Je ne t’ai donné ni visage, ni place qui te soit propre, ni aucun don qui te soit particulier, ô Adam, afin que ton visage, ta place et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même. Je t’ai placé au milieu du monde afin que tu puisses mieux contempler ce qu’il contient. Je ne t’ai fait ni céleste, ni terrestre, mortel ou immortel, afin que toi-même, librement, à la façon d’un bon peintre ou d’un sculpteur habile, tu achèves ta propre forme».

Cette petite partie de nous qui n’est pas prédéfinie, cette porte de sortie au destin, cette page que l’on écrit tous ensemble, n’est-ce pas cela que l’on appelle créer l’humanité et le monde ? Cela ferait sourire ceux qui me connaissent si je leur disais où j’ai lu ce poème. Peu importe en fait, mais il y a une phrase qui m’a beaucoup plu. Evitant toute forme de mysticisme qui aurait pu paraitre douteuse de la part de l’auteur, il écrit que chacun de nous est venu au monde pour écrire sa propre page, et qu’à travers cette page se crée le monde. Rien de bien novateur vous me direz ? Cela dépend de la façon dont on le lit. Pour moi si en tous cas, et j’ajouterai pour compléter le postulat de l’auteur que chacun de nous pour remplir sa page blanche utilise une plume qui lui est propre et que j’ai décidé d’appeler le libre arbitre. Et sans pousser plus loin jusqu’à dire que l’encre est la sueur des hommes («le meilleur engrais pour fertiliser le monde»), parfois le sang, ce qui me plait dans cette métaphore est la définition de la vie comme un acte de création. Rien de mystique là-dedans, une création consciente avec des idées, des larmes et de la sueur.

C’est aussi une vision qu’affectionnent les voyageurs, notamment à travers l’adage de Saint Augustin qui dit que le monde est un livre, et que celui qui ne voyage pas n’en connaitra qu’une seule page. Et puis, voyager c’est ni plus ni moins que rencontrer des gens, peu importe la distance ou les paysages. A cela près que les gens modèlent les paysages à leur image. Juste au milieu entre les lieux et les gens se trouvent aussi les noms des lieux, souvent habités et renommés par de successives civilisations au cours de l’Histoire. Juste pour le plaisir de partager la musicalité de quelques uns des noms que l’on trouve sur la Côte Atlantique du Nicaragua, si vous voyagez au sud de Bluefields, du côté du territoire Rama, vous traverserez les communautés de Tiktik Kaanu, Sumu Kaat, Bangkukuk. Au nord de Bluefields les communautés Créoles et Miskitas de Karawala, Wawashang, Orinoco, Tasbapauni, Awas. Les Ramas sont assez petits et trapus, avec des mains et pieds démesurés, parfaitement adaptés aux longues heures à pagayer et aux longues marches à travers la forêt. Les Créoles et Garifunas, héritiers d’anciens peuples d’Afrique, grands et minces, vivent plus ou moins de la même manière que leurs frères Africains. Les femmes notamment jouent un rôle essentiel dans ces communautés.

L’héritage génétique et culturel n’est pas un vain mot, et c’est pourquoi se comprendre ici n’est généralement pas une mince affaire. Les gens comprennent ce que l’on dit, mais ici les choses ne se font pas de la même manière qu’en occident, c’est comme ça et cela ne sert à rien de lutter contre. Et puis l’Histoire n’a pas traité les gens de la même façon ici qu’en Europe. Ici on se bat en permanence pour préserver le peu qu’on a réussi à arracher au sort, et cela ça reste dans le tempérament des gens. Les Nicaraguayens sont des poètes, des gens profondément pacifiques. Qu’ils soient métisses, Créoles ou indigènes, très rares sont les accrochages graves, et si l’on en vient parfois aux poings, c’est généralement plus par amour de la boxe qui est l’un des sports nationaux (ou du Rhum) que par agressivité. A part s’il s’agît d’infidélité, car dans ce cas l’instinct de préserver ce que l’on a conquis reprend le dessus.

Et nous – pauvres gringos émouvants de naïveté et perdus dans ce monde étranger – en quoi est-ce que l’on participe à la création du monde en ces lieux un peu abandonnés des dieux ? L’une des particularités de blueEnergy est qu’elle se pose la question en même temps qu’elle agît, en se disant que si l’on ne fait rien on ne saura jamais ce que l’on fait mal et n’appendrons jamais comment mieux faire. El camino se hace caminando, alors on commence à créer un chemin et au fur à mesure que le chemin avance on peut commencer à regarder en arrière et évaluer si ce chenin mène quelques part ou non, rectifier quand il le faut. Pas toujours facile, c’est un peu comme essayer sur un bateau d’aligner deux amers (repères terrestres) par l’arrière pour trouver son cap et ensuite le garder. Pas facile mais ça marche quand même.

Un nouveau concept est apparu récemment au sein de l’organisation, dans cette dynamique d’avancer sans autre boussole que la trace du chemin parcouru: Catalysateur. Pour rendre une pâle de turbine aussi rigide que du carbone, on la colle avec de la résine Epoxy et un catalysateur qui la rend dure comme de l’acier (ou presque). Pour le développement c’est un peu pareil. Toute seule, la plus efficace des organisations n’atteindra que des objectifs à l’intérieur de ses propres limites. Mais si elle est le catalysateur qui réussit à réunir les différents acteurs du développement, alors son action peut atteindre des objectifs bien plus ambitieux. Car après tout, on n’est pas l’état, mais si on parvient à avoir les liens et un CV suffisamment convaincants pour que l’état accepte de venir prendre des idées, alors on n’aura pas changé le monde mais au moins marqué un jalon important sur la voie du développement à laquelle nous et pas mal d'autres organisations croyons.

Cela parait un peu prétentieux certes, mais figurez vous qu’un consortium pour le développement des Energies Renouvelables est en train de voir le jour au Nicaragua. Il discutera un jour (si Dieu le veut) directement avec l’état sur la stratégie à adapter pour que le pays rattrape son retard en matière d’énergie tout en préservant son environnement. Et au sein de ce consortium on trouve trois ONGs de petite taille, deux évoluant dans l’intérieur du pays (AsoFenix et ATDER-BL) et la 3ème sur la Côte Atlantique, blueEnergy. Comme quoi, des petites organisations ensemble peuvent devenir grandes, et peut-être un jour verront-elles le chemin qu’elles ont commencé à tracer localement s’étendre au niveau national.

De toutes manières - comme j'aime à le rappeler souvent - au final peut importe la destination, ce qui importe avant tout c'est le chemin parcouru et ce que l’on a appris en chemin. En ce sens, chacune de ces ONG ne reniera pas sa devise de développement local avec des moyens et technologies appropriées au contexte local de chaque projet, mais si on trouve ensemble un chemin qui mène à un développement durable et qui fonctionne dans les endroits les plus difficiles du pays, ce chemin devrait alors être en bonne partie répliquable dans d’autres régions du pays.

We soon reach ("On arrive bientôt" en Créole) ! Pour terminer, ce qui est déjà arrivé c'est l'ouragan Ida, passé tout près de Bluefields, et qui a laissé sa trace indélébile dans certaines des communautés au nord de Bluefields mentionées plus tôt. Karawala est détruite à 80%. C'est aussi çà les Caraïbes. Et ici à Bluefields on ne le sait que trop bien, la ville ayant été complètement rasée par l'ouragan Joan en 1988. Heureusement, cette fois-ci c'est passé tout près mais pas de dégâts dans Bluefields.

8.10.09

Marcher sur ses propres pas pour ne pas se perdre


Il n'y a rien qui ressemble plus à un mois d'octobre qu'un mois d'octobre. Liège, Paris, Bluefields, il pleut, quelques coups de vent violents, une ambiance de fin de fête. A Bluefields c'est facile à s'y faire puisque rien ne change de toutes façons, et cette deuxième année ressemble à s'y méprendre à la première, si ce n'est quelques changements notables dans mon entourage. Et pour ce qui est des fêtes, la photo ci-dessus montre le carnaval de San Jeronimo qui s'est invité à la maison, le temps de quelques danses avec des diables déguisés en animaux (je décrivais une fête similaire à Panama dans un article antérieur) plus d'autres personnages bien nicaraguayens eux (originaires de Masaya).

Une chose m'est pourtant claire à présent. A Bluefields les plus jeunes volontaires ont tendance à prendre un coup de vieux, alors que les plus vieux ont plutôt tendance à prendre un coup de jeune. Et pour une fois je suis content de ne pas faire partie des plus jeunes ! Eux découvrent la pauvreté, pendant que les "vieux" découvrent l'énergie contagieuse de ce pays riche en couleurs. Et on peut se rendre compte que d'une certaine façon plus la vie est dure et plus les gens s'efforcent de la rendre acceptable. C'est peut-être pour celà qu'en Europe on ne fait pas grands efforts et que la vie ressemble parfois à une longue sieste si l'on compare à celle d'ici. En tous cas, si l'on suit cette logique de qui est vieux rajeunit et qui est jeune vieillit, on arrive alors sur la durée à un effet ressort qui lui est bien réel. Pendant quelques mois on se gave de cette énergie de vie, et les mois suivants on se retrouve écrasé par la réalité (et le climat).

Et le fait de vivre en quasi-autarcie dans une communauté semi-recluse et multi-culturelle n'aide pas toujours. Parfois on s'y sent bien, comme dans un cocon confortable, et parfois on s'y sent d'autant plus seul qu'on est entouré. Alors on sort à la recherche de cette énergie qui n'existe que chez les gens d'ici. On vagabonde en ville comme des émigrés. Pas des touristes ni des immigrés, car les touristes peuvent changer d'endroit à leur convenance, et leur réalité quotidienne n'est qu'éphémère. Les immigrés sont quant à eux d'une certaine façon déjà arrivés au bout de leur voyage. Les émigrés en revanche ne sont pas tout à fait arrivés car ils ne resteront qu'un temps, et pourtant ils doivent composer avec la réalité de l'endroit où ils se trouvent. Peut-être que je devrais dire voyageur au lieu d'émigré, je ne sais plus trop. Après 7 années passées hors de son pays d'origine dans différents endroits, est-on encore un voyageur ou est-on devenu un émigré ?

Une chose est sûre, si le voyageur voyage pour changer d'idées, celà veut dire aussi qu'il voyage pour apprendre et avancer. Et quand c'est un projet qui avance c'est encore mieux car c'est toute une équipe qui apprend et une communauté qui avance. Jusqu'à présent j'ai parlé du développement comme d'un outil pour survenir aux besoins fondamentaux de communautés et personnes marginalisées. A commencer par la santé et l'éducation. Et dans les régions isolées comme ici, quoi de mieux qu'une solution locale fabriquée avec des moyens locaux ? Comme sources d'énergie, rien de mieux que le vent et le soleil qui baignent la côte (il existe ici une jolie expression qui se traduit en français par "soleil de pluie", elle désigne la chaleur après une grosse averse). Et pour l'eau potable, des filtres fabriqués directement dans les communautés avec des matériaux que l'on trouve sur les plages alentours.

Mais les technologies liées aux énergies renouvelables sont chères et complexes. Et même en Europe, elles ne se développent que grâce aux subventions de l'état car sinon elles ne seraient pas rentables. Dans tous les cas, ce sont les seules sources d'énergies disponibles sur la côte Atlantique du Nicaragua, mais rendre un projet durable et viable ici recquiert du coup un peu plus de fonds que ceux que peut générer une utilisation de l'énergie domestique. Et comment générer plus de fonds ? Par une micro-entreprise par exemple, une association de personnes ayant un intérêt commun et l'accès à cette énergie.

Un exemple concret, notre installation de deux éoliennes dans la communauté Kahkabila a permis de génerer quelques fonds à travers la recharge de téléphone portables, en plus d'apporter de l'énergie à l'école et au centre de santé. Mais pas encore suffisamment pour couvrir les frais d'entretien à long terme des éoliennes. Un projet similaire en cours dans la communauté de Monkey Point a permis aussi d'apporter de l'énergie à l'école et alimenter une radio qui leur permet de communiquer avec Bluefields. A présent une idée en cours est de les aider à monter une coopérative de pêche qui avec l'énergie produite permettra de garder le poisson pêché au frais. Celà combiné avec la radio permettra à la communauté de vendre son poisson à Bluefields qui dispose d'une usine de traitement pour l'exporter ensuite vers d'autres pays. Celà devrait permettre de générer des fonds relativement importants à l'échelle de la communauté telle qu'elle est maintenant. Ce projet est celui qui va occuper la plupart de mon temps en cette fin d'année et probablement une bonne partie de l'année prochaine.

Car l'idée paraît simple, mais une telle coopérative demande une structure organisationelle que la communauté commence seulement à avoir après plusieurs années de lentes avancées incertaines du projet, pas à pas. Et après avoir cette année réussi avec succès l'installation d'un centre de charge de batteries et de systèmes de lampes à LED par maison, la communauté semble prête - ou pas loin de l'être - pour cette étape suivante qui si elle marche sera un pas supplémentaire fondamental vers le développement de la communauté. Reste à définir les détails pour que la coopéraive bénéficie à toute la communauté et non pas à un nombre limité de personnes, ce qui n'est pas le plus simple ! Sans parler de la définition de la solution technique qui implique de connaitre le marché local de la pêche. Un des nouveaux volontaires a de l'expérience pour avoir travaillé sur des navires de pêche dans le détroit de Béring (au large de l'Alaska), mais après avoir discuté avec les techniciens de l'usine de traitement de poisson et quelques pêcheurs, il en est arrivé à la conclusion qu'ici c'est un autre monde. Il n'y a pas de doutes là dessus !

Pour terminer cet article une grande nouvelle ! Ça y est je suis enfin l'heureux co-propriétaire d'un Cayuco (pirogue taillée dans un tronc unique) flambant neuf (à une ou deux voies d'eau près) ! Sa capacité est de 3 places, et très bientôt il sera dôté d'une belle voile en plastique poubelle. Pardon ... rectification, après une première sortie qui s'est terminée au fond de la baie, la capacité du cayuco est plutôt de 2 personnes. Heureusement l'équipage se porte bien, l'échouage ayant eu lieu à une dizaine de mètres de l'un des bars sur l'eau que compte Bluefields. Et les billets étant ici étanches, on a même pu se payer une bière pour se remettre de l'émotion, dégoulinants de l'eau noire de la belle baie de Bluefields et sous les regards narquois des pêcheurs locaux qui décidément n'en finissent pas de se demander ce qui ne tourne pas rond chez ces gringos ...

En attendant je laisse quelques photos d'un barbecue organisé derrière ma petite maison (celle que je partage avec 2 autres volontaires). Ce n'est pas nous qui avons pêché les poissons comme vous l'aurez compris, mais Allen notre Chef cuisinier de Monkey Point m'a confié avoir déjà pêché certains de ces poissons appelés Pargo rojo (Un peu comme des mérous mais d'une très belle couleur rouge) pesant jusqu'à 75 kg ...


Pour la cuisson, on recouvre le barbecue de fuilles de bananier pour garder la chaleur.

14.9.09

Rumb@ al Sur

Parece mentira pero ya hace un mes casi que volví de vacaciones. Empecé a escribir este mensaje hace ya 3 semanas, unas palabras, y desde entonces el trabajo no me ha dejado un minuto libre. Veamos que pasó entonces ... salí de Bluefields a finales de Julio para una pausa Europea, con rumbo a Colombia primero y luego España para finalmente llegar a Francia.

Después de un mes en Francia y unos kilitos más, salí de nuevo para Centroamérica, no sin despedirme de nuevo en España. Y de nuevo pasé por Colombia. A la ida me quedé en Antioquia, la provincia de Medellín, ciudad moderna y de mucha cultura. A la vuelta sin embargo opté por una pequeña gira, saliendo de Bogotá en avión para Cali, antes de volver a Medellín por el eje cafetero, con una parada en Manizales. El paisaje es espectacular en esta región de Colombia, similar al de Guatemala pero con montañas más altas aún y casas rurales preciosas. De manera general, la arquitectura Colombiana es hermosa, tanto como la cultura del país que me recordó a Brasil por ciertos aspectos.

Aqui abajo está una foto del mercado de Manizales, en la parte donde se venden hierbas. Aparentemente la mayoría no sirven para curarse sino para devolverle su Amor perdido ... que bueno !


Abajo unas fotos de obras tomadas en Manizales. La primera fue tomada en una escuela de Bellas Artes, la segunda es la fachada de la Universidad Católica.

En Cali pasé a visitar a una organización llamada Aprotec. Se divide en una empresa y una fundación que juntas llevan a cabo proyectos de electrificación rural similares a los nuestros. En realidad, en lugar de hablar de electrificación, debería hablar de energetización, un concepto Cubano. La energetización no sólo considera la energía, sino su uso como fuente de desarrollo. Esta organización tiene 20 años de experiencia con comunidades indígenas del Pacífico. Cabe mencionar que Colombia es como Centroamérica al revés: El clima es tropical húmedo en la costa Pacífica, y seco en la costa Caribeña. Eso se explica por las corrientes marítimas pero no me pidan muchos detalles. El caso es que los mestizos en Centroamérica son los descendientes de Españoles mientras se llaman mestizos a los descendientes de Africanos en Colombia, y viven por el Pacífico en Colombia al contrario de Centroamérica.

Otra diferencia es que en Colombia las comunidades aisladas en la selva son muy vigiladas ya que allí operan las diferentes guerrillas. Y trabajar con estas comunidades parece aún más complejo que aquí en Nicaragua por el contexto político. También el tema de los voluntarios parece ser más complejo. Según lo que me dijeron, los voluntarios internacionales son muy vigilados (temor a injerencia extranjera en asuntos políticos o simple control migratorio ?), y sale más a cuenta al final tener a profesionales nacionales. En Aprotec también me hablaron también de una tecnología bastante interesante. Se trata de turbinas de río que acopladas mecánicamente a un compresor permiten generar frío. No está clara la viabilidad de esta tecnología, pero si funcionase podría ser muy interesante para la Costa Atlántica de Nicaragua. Porque mucha gente aquí vive de la pesca, y sistemas de refrigeración eléctricos requieren demasiada potencia para ser usados con sistemas de energía renovables como los fabricados en blueEnergy.

De vuelta en Medellín, intenté explicar a unas personas los proyectos sobre los cuales trabajo, pero cuando les pregunté si en Colombia se podía vender energía a la compañía eléctrica nacional se rieron. Me explicaron que se les cobraba hasta el agua de lluvia a la gente. Parece broma pero en ciertas ciudades parece que el contador de agua incluye el agua que la gente recupera de la lluvia. La verdad es que aunque pareciera increíble, no da para reírse. Hace poco me enteré de que en el foro mundial para el agua que tuvo lugar en marzo de este año, Francia junto con los Estados Unidos y Turquía pusieron su veto a una resolución que establecería el acceso al agua como un derecho fundamental. Les parece poco ? Eso quiere decir que es normal cobrar agua de lluvia a gente que no tiene suficientes recursos para conectarse a la red (cuando existe), por ejemplo. Y no es ninguna casualidad si las multinacionales francesas del agua son muy presentes en América Latina.

Al final, estas vacaciones fueron muy buenas, pero ahora ya estoy de vuelta y de nuevo inmerso en esta otra realidad que es Centroamérica. Apenas regresado que ya empezaba una semana maratón de reuniones con la llegada del fundador de la organización, junto con el director de la junta directiva. Temas de organización interna, problemas de comunicación entre nacionales e internacionales, y grandes proyectos en negociación. Al mismo tiempo se renovaba el equipo de voluntarios, con en novedad un mayor número de voluntarios latinos. Eso es una buena noticia y el español local se va mestizando con acentos mexicano y argentino. Además, estos voluntarios latinos son un puente ideal entre los gringos como yo y los nacionales. Ya veremos cómo funciona este grupo al final, pero de momento aún siguen llegando nuevos voluntarios, unos de los Estados Unidos, y algunos otros franchutes por llegar. Aunque al final quedará una proporción de franceses muy inferior a lo que era dentro de poco (Thank God).

Por lo que es de la organización interna, parece que mi rol aquí va a sufrir nuevos cambios importantes de aquí al fin de año, pero los detalles aún no están muy claros. Y por lo de los proyectos grandes (que definirán mi rol), uno va avanzando poco a poco. Se trata de un proyecto con fondos importantes para 5 comunidades Garifunas alrededor de la Laguna de Perla, al Norte de Bluefields. Había ido a una de ellas, La Fe, hace unos meses. Pero aunque no haya vuelto allí desde entonces para enseñar más fotos, lo que sí les puedo enseñar es algo de su cultura que ha aportado mucho al carnaval de Bluefields, el Palo de Mayo.



Mientras tanto, siguen los proyectos en curso con sus novedades. Pero eso lo dejo para un próximo artículo !

2.6.09

Tululu

De vuelta al español, ya no me atrevo a decir castellano ! Es el regreso también de las lluvias, después de 5 meses sin agua. Ya era tiempo ya que el nivel de los pozos está en mínimos. Y para celebrarlo, nada mejor que uno de los mejores - sino el mejor - Carnaval de Nicaragua: el Palo de Mayo. Tululu es el nombre que usan los creoles, el más tradicional. Es también el nombre de la canción más popular del carnaval, del grupo Dimensión Costeña.

No tengo fotos porque tuvo lugar - como ha de ser imagino - bajo la lluvia. Lo que no impidió la fiesta sino todo lo contrario, pero las cámaras se quedaron en casa. Y pueden acceder a un video del carnaval a través del título de este articulo o desde aqui mismo. Sin embargo, conseguí una el día anterior para aconpañar a una periodista de los Estados Unidos a visitar uno de nuestros proyectos, aprovechando la ocasión para visitar por fin la comunidad de Monkey Point. En esta comunidad tenemos ahora un proyecto que reune varios componentes: energía, lámparas de bajo consumo con LEDs, y filtros de agua con bio-arena.

Abajo se ve uno de los sistemas domésticos con un pequeño panel solar que da energía para bombillas de LED en la casa. Ocho de estos sistemas fueron instalados, y uno de ellos fue en la casa de la persona que cocina para nosotros cuando vamos a la comunidad. Su caso es interesante porque antes esta persona usaba diesel para tener luz en su casa. Hasta que un día el diesel le prendió fuego a su cama, quemándola en gran parte de su cuerpo. Hoy tiene una luz agradable con energía limpia y sin ningún riesgo.

En otras casas se instalarón baterías grandes que permiten tener luz asi como una pequeña radio en casa. A diferencia de los otros sistemas más pequeños, estas baterías necesitan ser recargadas en un centro de carga alimentado por una turbina eólica que instalemos hace 2 años, y paneles solares adicionales instalados hace poco junto con estos nuevos sistemas domésticos.

Aqui abajo está Bomboy, nuestro operador rasta del sistema eólico/solar y de la radio que alimenta (único medio de comunicación con el exterior). Nos enseña el panel de control con los medidores para la energía producida, asi como el banco de baterías abajo para almacenar la energía.


La gente que usa estas baterías paga una cuota mensual para cargarlas, la cuál va a un fondo comunitario que gestiona la comisión de energía de la comunidad.

El objetivo del fondo es tener una reserva para cuando se dañen equipos eléctricos. La instalación de toda esta parte energética terminó hace apenas 2 semanas y la gente parece muy contenta, ya que hasta ahora solo la escuela tenía energía producida por la turbina eólica. Y nuestro contable que me acompañó en este viaje aprovechó la oportunidad para asegurarse de que la responsable del centro de carga usaba adecuadamente los recibos diseñados especialmente para la conunidad.

Abajo está el centro de carga con la turbina eólica atrás.

Lilian, la persona que se encarga del centro de carga tiene como ventaja una conexión directa al sistema de energía, lo que le permite tener una televisión en casa. Es una forma de retribución para el trabajo que hace con el centro de carga.


En las próximas semanas se instalarán nuevos filtros de agua en diferentes casas, después de haberlos probado en la escuela. Según el maestro Erasmo, los niños de la escuela ya no se enferman desde que fue instalado el primer filtro en la escuela.

Monkey Point es una comunidad hermosa y tranquila, aparte de ser un rompe-cabezas en cuanto a organización. Creoles y mestizos se llevan bastante mal, y aparte de ellos se encuentran algunos Garifunas y Ramas. Y para colmo, Monkey Point es el lugar donde se pretende construir un día un puerto de agua profunda para el posible futuro canal seco. La idea del canal seco consiste en una línea de ferrocarril que atravesaría todo Nicaragua para compensar la saturación del canal de Panamá. Un proyecto tan grande como loco, y mientras tanto los políticos ya lo aprovechan para violentar los derechos de propiedad de la comunidad que se encuentra en el territorio Rama, para el cuál el Gobierno territorial sólo puede decidir sobre nuevas infraestructuras. De hecho, una linea de tren ya existió aqui hace tiempo, por eso ciertas personas de la comunidad creen el proyecto factible, y ya se ven operadores de la linea de tren.

Suerte y hasta pronto Monkey Point !


Ya me quedan menos de dos meses antes de mis vacaciones de regreso a Europa. Este viaje será otra oportunidad para visitar otro país, y no cualquiera: Colombia. Allí pasaré unos días en linda companía antes de volver a Europa, pasando primero por España y en particular Barcelona.

Nos vemos pronto amigos !!

13.4.09

De vuelta de vuelta

Esta vez sí dejé pasar bastante tiempo sin escribir en español y lo siento, espero no haber perdido mis lectores. Imagino que me adapté al ritmo caribeño, aunque cuando escribo es para decir que me llega cada vez más trabajo, que es lo que en realidad causó tanta demora.

Antes de contar las novedades respecto a mi misión en Nicaragua, les cuento rapidito que acabo de volver de 10 días de vacaciones (de los cuales pasé unos 4 en transporte) para Semana Santa. Y como en los mejores cuentos, empezaron mal para acabar bien. Empezaron mal porque se me perdió la mochila apenas salido de Bluefields. A mí no me hizo mucha gracia, pero la historia es tan ridícula que merece la pena contarla y si les saca unas lágrimas de risa pues bien les haga ! Asi que llegado en un pueblo perdido entre Bluefields y Managua, me bajé con todo el mundo del bus ya que el conductor nos avisó que teníamos una pausa de 20 minutos. Tiempo suficiente para tomar una cervecita - o eso creía ya que apenas la cervecita acabada me doy la vuelta para darme cuenta que el maldito bus se había ido con mi mochila adentro !! Salté en el primer taxi para intentar alcanzarlo a la próxima parada pero no hubó manera y tuve que bajarme en un pueblo donde sabía que paraban más buses. De allí llamé a nuestro nuevo chófer en Managua pidíendole que fuera a la terminal de buses a esperarlo e intentar recuperar la mochila. Pero cuando llegó ya no estaba la mochila.

Todo indignado, seguí con mi plan ya que me quedaba en el bolsillo (gracias a dios) mi cartera y pasaporte. Pero antes de eso fui a denunciar el robo, buena idea ya que me pidierón la copia de la denuncia para poder emitir un nuevo boleto de bus, sin el cuál me quedaba en Managua. Y por fin pude seguir hasta San José. Allí tuve unas horas para comprar una nueva mochila, un cepillo de dientes, una toalla y un jabón, unos calzoncillos y una camiseta. Con eso tenía suficiente para seguir hasta Panamá donde me esperaba una dulce y linda companía. Pero antes de eso otro bus, de noche esta vez y congelado con mi única camiseta para por fin llegar a mi destino. Allí empezé una segunda version de mi anterior viaje a Panamá, pero con unas novedades, una de ellas la companía de la cuál acabo de hablar.

Otras novedades respecto a mi viaje anterior fue una corta visita a la península de los Santos donde iban a tener lugar unas festividades importantes para Semana Santa, las más destacables del país según lo que oímos allí, pero teníamos que seguir hacia el Caribe y no pudimos ver casi nada. La gente de la península también es destacable por su linda bienvenida y cálida acogida. Allí conocimos también a una enciclopedia viva, conocido como el Rey de los diablos durante Semana Santa. Abajo estan unas fotos de las máscaras que usan durante estas festividades.

Aqui abajo les dejo unas fotos de este viaje, entre la península de Chitre y Bocas del Toro:

Y también unas fotos tomadas desde las esclusas de Miraflores, sobre el Canal de Panamá:

Al lado está la antigua zona gringa donde vivían los "zonians", personal norte américano que operaba el canal y los militares que controlaban la misma zona:

Las otras fotos de Panamá las añadí al album ya existente, pero lo que quisiera compartir aqui aparte de estas vacaciones son las novedades respecto a mi estancia aqui. Guardo para el próximo artículo los últimos temas que se me han presentado y sobre los cuales aprendí aqui en cuanto a proyectos de desarrollo, porque sería demasiado largo. Pero al final de este mes llevaré 8 meses trabajando de voluntario en Nicaragua, los dos tercios de mi contrato, y ya es hora de hablar de lo que va a pasar después. El director del proyecto aquí me pidió que me quedará otro año más, y el otro voluntario (norte americano) que como yo recibió similar cantidad de responsabilidades ya aceptó extender su contrato.

Para mí, la prioridad sigue la misma: privilegiar las oportunidades de trabajo que puedan facilitar mi reinserción después, intentando aprovechar esta experiencia. Aunque todavía no esta muy claro para que tipo de trabajo mi experiencia aquí podría servir más, y no necesariamente será en energías renovables. En realidad lo que aprendí aqui tiene más que ver con Management y coordinación de proyectos complejos con múltiples actores. Ahora bien, empecé a tomar contacto con las empresas con las cuales tuve oportunidades de empleo antes de venir aqui. Y lo que dicen no es muy esperanzador. El contacto más serio en Belgica me dijo que habían tenido que congelar todos los procesos de contratación hasta que se tenga más visibilidad respecto a la crisis actual. Los de Alemania de momento ni siquiera me han contestado, y los de España ni les escribí debido a la gravedad de la situación alla.

Así que mi plan actual es lo siguiente: por una parte mirar las ofertas que se presentén por internet en diferentes areas que podrían ser interesantes. Luego, estoy empezando a negociar un tiempo libre antes de iniciar otro posible contrato aqui, lo cuál sería solo de 6 meses para empezar. Este tiempo lo podria usar para viajar por Europa y visitar a la familia y los amigos. Y probablemente haría otro viaje antes de los 6 meses para otra vez visitar a la familia y conseguir nuevos contactos. Lo cierto es que para este segundo contrato tendría mejores condiciones, y el estatuto francés de VSI otorga una prima de 3700 euros para 2 años consecutivos de voluntariado. Puede ser interesante dadas las circunstancias actuales ...

En todos casos los mantendré informados ! Espero tener más informaciones antes de Mayo, cuando por cierto tendrá lugar una de las fiestas más importantes de Bluefields: el Palo de Mayo. Ya les contaré ... stay tuned, como dicen los gringos.